UNE EXCLUSIVITÉ PROCHE-ORIENT.INFO Onze
fiches sur les mouvements islamistes actifs en Belgique
Pour mieux comprendre l'étendue de la
présence et l'action des fondamentalistes dans la capitale des
institutions européennes.
ASBL HIMAYA
FEDERATION OF EUROPEAN MUSLIM YOUTH AND
STUDENT ORGANIZATIONS (FEMYSO)
COMMUNAUTÉ DES ÉTUDIANTS MUSULMANS DE
GAND (MSCG)
EXÉCUTIF DES MUSULMANS DE BELGIQUE
LIGUE ARABE EUROPÉENNE
PARTI CITOYENNETÉ PROSPERITÉ (PCP)
CENTRE ISLAMIQUE ET CULTUREL DE BELGIQUE
LE JARDIN DES JEUNES
MOUVEMENT JEUNES MUSULMANS - PARTI
JEUNES MUSULMANS
VIGILANCE MUSULMANE
CENTRE AL-BOUKHARI
ASBL HIMAYA
Siège : Koekelberg (banlieue de
Bruxelles)
Fondation : début des années 2000
Son objectif Association islamique belge
qui se réclame de
l'altermondialisme et du principe du «
commerce équitable ». Son objectif
est d'exprimer « le refus absolu
d'acheter des produits à des sociétés
injustes prospérant sur l'exploitation
du travail des enfants et qui, de
surcroît, délocalisent leurs entreprises
dans le mépris le plus absolu pour
leurs employés d'ici et d'ailleurs - ce
qui à pour conséquence la montée du
chômage au nord et la banalisation de
l'esclavage moderne au sud ». Himaya
finance ses activités en vendant, à son
local et « en ligne », des
vêtements pour les jeunes (t-shirts ;
sweat-shirts ; casquettes et
écharpes), dont il est précisé qu'ils
sont fabriqués en Europe, ainsi que
des produits ménagers de marque Saffa.
L'association soutient trois projets
annexes à ses activités commerciales :
le financement d'une école musulmane
; l'organisation d'une assistance « pour
ceux et celles qui souhaitent se
marier et être assisté dans la recherche
d'un(e) partenaire » ; la
constitution d'une « caisse de
solidarité » afin de répondre aux situations
d'urgence.
Son idéologie Les deux slogans de
l'association sont : « Pas de paix
durable sans justice » et « Halte à la
mondialisation ». Elle exprime par
ailleurs son : « refus des accords de
Kyoto par certains États » ; son
rejet de « l'absence de toute éthique
dans la gestion des multinationales «
de « l'arrogance et le simplisme de
certains dirigeants » ; du « maintien
d'embargos stériles et inefficaces dont
les civils sont les seules victimes
» ; de « l'oppression et l'humiliation
de populations innocentes ». Le site
internet de Himaya contient une rubrique
« informations » consacrée au
déroulement de la guerre en Irak.
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FEDERATION OF EUROPEAN MUSLIM YOUTH
AND STUDENT ORGANIZATIONS (FEMYSO)
Siège : Bruxelles
Président : Khallad Swaid
Création : 1er septembre 1996
Son objectif Organisation qui se fixe
pour objectif de coordonner l'action
et la réflexion des associations
étudiantes et de jeunesse musulmane en
Europe. Elle est directement issue de la
rencontre organisée en Suède, en
1995, par la Sveriges Unga Muslimer
(Ligue des musulmans suédois), avec le
concours du ministère suédois des
affaires étrangères. L'association
suédoise, ainsi que les Jeunes musulmans
de France et l'association
britannique « Young Muslims UK » sont à
l'origine de la création de la
FEMYSO, qui a cependant été mise sur
pied grâce au concours de la
Fédération des Organisations islamiques
en Europe (dont est membre l'UOIF)
et de l'Islamic Foundation. Après une
réunion préparatoire à Birmingham, le
congrès fondateur a eu lieu à Leicester,
avec la participation de 19
associations venant de 11 pays.
Son organisation Elle rassemble
aujourd'hui 37 membres venus de 40 pays et
coopère avec l'Union européenne, le
Conseil de l'Europe et les Nations
unies. Elle définit ainsi sa vision de
l'islam en Europe : « la FEMYSO
envisage une Europe dans laquelle les
musulmans sont fiers de leur
contribution historique au développement
de la civilisation européenne, et
de leurs 800 ans de présence en Espagne.
Elle regarde l'avenir afin de
contribuer à la société européenne en
tant que musulmans européens ».
Son idéologie Le lien avec la Fédération
des Organisations Islamiques en
Europe place clairement la FEMYSO dans
la tradition des Frères Musulmans.
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COMMUNAUTÉ DES ÉTUDIANTS MUSULMANS DE
GAND (MSCG)
Siège : Université de Gand
Création : fin des années 70
Son objectif Association cultuelle et
culturelle fondée au départ par des
étudiants malais et indonésiens. Ils ont
été rejoints par des étudiants
originaires d'Afrique du nord et du
Moyen-Orient.
La MSCG fonctionne comme une association
d'entraide répondant aux besoins
matériels des étudiants musulmans de
l'Université de Gand, mais a également
fondé une mosquée et publie une
newsletter mensuelle. Depuis 2000, elle
appartient à la Federation van
Zelforganizaties in Vlaanderen et a rejoint
en 2001 l'Union des Mosquées de Flandre
occidentale et orientale.
L'université de Gand abrite parmi ses
départements de recherche le Centre
for Islam in Europe (C.I.E.).
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EXÉCUTIF DES MUSULMANS DE BELGIQUE
Siège : Bruxelles
Président : Mohamed Boulif
Ses compétences Ce que les Belges
nomment « l'organe chef de culte » des
musulmans est l'équivalent
outre-Quiévrain du CFCM, à la différence près
que son échec est patent. Le culte
musulman a été reconnu en Belgique par
la loi du 19 juillet 1974. Un « Exécutif
des Musulmans de Belgique » a été
créé par l'arrêté royal du 3 juillet
1996.
Les compétences de l'EMB ont été
étendues par arrêté le 13 mars 1998. Elles
consistent à émettre des avis sur les
problèmes liés à la représentation de
la communauté musulmane, notamment sur
l'enseignement de la religion et
l'activité des aumôniers dans les
prisons et les hôpitaux. Il faut rappeler
qu'en Belgique l'enseignement religieux
est assuré dans les écoles
publiques, par des professeurs nommés
par l'État, sur proposition des
autorités des cultes. C'est ainsi qu'en
mai 2002 le ministre de
l'Enseignement secondaire de la
Communauté française s'est opposé à la
nomination de Yacob Mahi, proposé par l'EMB,
au poste d'inspecteur de
l'enseignement religieux, au motif du
fondamentalisme supposé du candidat.
Son mode d'élection Des élections ont eu
lieu le 13 décembre 1998,
auxquelles ont participé 42.000
personnes sur 72.000 inscrits (sur un total
estimé de 350 000 musulmans). 51 membres
ont été élus et 17 autres
cooptées. Selon une clef de répartition
définie à l'avance, les sièges
avaient été partagés entre les deux
principales communautés musulmanes du
pays : 180.000 Marocains et 100.000
Turcs.
Une crise profonde s'est très vite
ouverte entre les différentes
composantes « ethniques », l'un des
points de discorde étant le mode de
renouvellement (par tiers ou par des
élections générales) de l'EMB, à
l'expiration de son mandat de 5 ans. Le
gouvernement fédéral belge
souhaitait des élections générales, à
l'organisation desquelles était
affecté un budget de 300.000 euros, l'Etat
« épongeant » également pour un
montant de 100.000 euros les dettes de
l'EMB, menacé de se voir couper
l'eau, le téléphone et l'électricité.
Ses difficultés Ces dissensions ont
amené l'État à désigner deux médiateurs
en mai 2002 : la sénatrice Meryem Kaçar,
du parti écologiste flamand, et le
sénateur socialiste Philippe Moureaux,
lesquels ont rendu leurs rapports
fin 2002. En conséquence de ceux-ci,
l'Exécutif des Musulmans de Belgique a
présenté sa démission le 6 février 2003
et un exécutif renouvelé a été mis
en place, mais la crise perdure.
Le 25 juin 2004, sur proposition de
Laurette Onkelinx, Ministre de la
Justice et des Cultes, le Conseil des
Ministres a approuvé l'arrêté royal
portant création d'une Commission
chargée de l'organisation du
renouvellement des organes du culte
musulman.
Les difficultés de l'EMB perdurent, dans
un contexte où nombre d'hommes
politiques belges souhaitent doter le
pays d'une loi sur les signes
religieux à l'école publique, calquée
sur la loi française. Ainsi, le 5
janvier 2004, le sénateur Alain Destexhe,
membre du Mouvement réformateur
(MR ; libéral) et la sénatrice
socialiste Anne-Marie Lizin ont déposé une
proposition pour interdire par voie
législative le port de signes religieux
à l'école et dans les institutions
publiques.
L'EMB a répondu que légiférer «
risquerait de stigmatiser davantage une
composante de la société qui n'en
revendique pas moins sa citoyenneté belge ».
Alors que la cooptation avait pour but
de limiter l'influence des courants
radicaux à l'intérieur de l'EMB,
plusieurs rapports des services de la
Sûreté de l'État, chargés en 1998 de
donner un avis sur les élus, ont
évoqué au contraire les liens de
plusieurs membres avec les tendances
fondamentalistes, notamment les Frères
Musulmans.
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LIGUE ARABE EUROPÉENNE
Siège : Anvers
Président : Dyab Abou Jahjah
Président de la section néerlandaise :
Mohamed Cheppih
Secrétaire général (Belgique) : Khaled
Arkoub
Création : février 2000
Sa fondation Organisation politique
fondée en Flandre belge, elle est
également active aux Pays-Bas et - sur
le papier - en France, où elle
possède une section depuis 2003. Son
idéologie à la fois islamiste et
nationaliste arabe (notamment
nassériste), est sous-tendue par un
antisionisme qui masque mal
l'antisémitisme. Elle parle d'ailleurs d'Israël
comme de « l'entité sioniste » («
zionistische entiteit », dans ses
documents en langue flamande). Le succès
de la LAE doit beaucoup au
charisme de son fondateur, Dyab Abou
Jahjah, installé depuis 2004 à
Schaerbeek, en banlieue bruxelloise.
Son leader Né le 26 juin 1971 à Hanine,
au sud Liban, Jahjah est de
confession chiite. Après des études de
droit à l'université de Saïda, il
s'engage dans un mouvement armé en lutte
contre Israël (il dément que cela
soit le Hezbollah, bien que son
appartenance supposée au mouvement
terroriste soit pour une part importante
à l'origine de son aura dans
l'immigration maghrébine en Belgique).
Ensuite, il émigre en passant
brièvement par la France et s'installe
en 1990 en Belgique, où il demande
et obtient l'asile politique. Il
s'inscrit ensuite en doctorat de science
politique et de relations
internationales à l'Université Catholique de
Louvain. Il est naturalisé belge en
1996. De 1999 à 2000, il travaille avec
la branche flamande (ABVV) du syndicat
socialiste, la Fédération générale
des Travailleurs de Belgique, puis
devient coordinateur de la Platform
Allochtone Jeugdwerking (regroupement de
jeunes) de la Fédération des
Associations marocaines ( FMV). Il
habite d'abord Bruges, puis Borgerhout,
en banlieue d'Anvers.
Son histoire, ses débordements, ses
violences Dyab Abou Jahjah crée une
association le 22 février 2000 sous le
nom de « Al Rabita ASBL » (une asbl
est l'équivalent belge d'une association
loi de 1901) et adopte le nom
d'Arab European League le 28 décembre
2000. Elle s'est d'abord fait
connaître en juin 2001, en déposant une
plainte auprès de la justice belge
- au titre de la « compétence
universelle » que celle-ci s'était donnée,
contre le Premier ministre israélien
Ariel Sharon. Puis le 1er avril 2002,
elle a organisé une manifestation, à
Anvers, en faveur du peuple
palestinien, près du quartier juif.
Manifestation qui, la veille même, a
donné lieu dans la nuit à des
débordements antisémites : lancer d'une bombe
incendiaire contre une synagogue, bris
de vitrines de magasins juifs et
brûlage public d'un mannequin portant le
chapeau traditionnel des juifs
orthodoxes, très nombreux dans la
capitale flamande.
Le 26 novembre 2002, un jeune enseignant
d'origine marocaine, Mohammed
Achrak, est assassiné à Anvers par un
sexagénaire raciste. Deux nuits
d'émeutes s'ensuivent, lors desquelles
des militants de la LAE affrontent
la police. La Ligue organise alors une
milice privée, chargée de
patrouiller dans les quartiers à forte
population immigrée, officiellement
dans un but d'autodéfense.
Peu après, en 2003, le parti écologiste
flamand Agalev appose dans les rues
des affiches représentant un couple
homosexuel en habit traditionnel
musulman. La LAE exigera le retrait
desdites affiches comme offensantes
envers l'islam, ainsi que des excuses
officielles. Celles-ci ne venant pas,
le président des jeunes d'Agalev, Karim
Bouziane, sera deux fois menacé de
mort. Abou Jahjah fera également
campagne en faveur du port du voile,
organisant une manifestation sur cette
question le 22 février 2004 à
Bruxelles, et envoyant le même jour une
délégation de la LAE dans le
cortège qui défile à Paris avec le même
revendication.
En 2003 également, la LAE a adopté une
posture altermondialiste et
d'extrême gauche, en s'alliant avec le
Parti du Travail Belge (PTB), un
groupe maoïste sectaire. La liste
commune qu'ils ont présentée aux
législatives de 2003 sous l'intitulé «
Resist » a recueilli 10.059 voix,
soit 0,15% au niveau national.
Militant pour que les musulmans soient
reconnus en tant que communauté au
même titre que les Flamands, les Wallons
et les germanophones, la LAE
réclame également la reconnaissance
officielle de l'arabe comme langue
nationale. Dans la pratique, son
antisémitisme est étroitement aligné sur
le mode d'expression du Hezbollah
libanais. Une plainte a d'ailleurs été
déposée par le Centre pour l'Égalité des
Chances et la Lutte contre la
Racisme en Belgique - organisme officiel
de l'État belge - contre la LAE,
qui a publié sur son site un texte
indiquant qu' « Anvers est le bastion du
sionisme en Europe, et c'est pourquoi
cette ville doit devenir la Mecque de
l'action pro-palestinienne ».
L'ambiguïté de la LAE vis-à-vis du
terrorisme est attestée par une
déclaration de son leader, après les
attentats du 11 septembre 2001 :« La
plupart d'entre nous, indiquait-il -
sauf un faible pourcentage, la fameuse
exception qui ne fait que confirmer la
règle de conduite générale - ont eu
une réaction que je ne qualifierais pas
de joie ou de bonheur, mais plutôt
un doux sentiment de revanche ».
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PARTI CITOYENNETÉ PROSPERITÉ (PCP)
Création : 2002
Congrès fondateur : 10 mai 2003 à
Molenbeek
Siège : Bruxelles
Dirigeant spirituel : Cheikh Bassam
Ayachi
Son objectif Parti politique islamiste
créé en tant qu'émanation du Centre
islamique de Belgique par Jean-François
Bastin, âgé de 60 ans, qui était
alors président du CIB. Fils d'un
professeur d'université, celui-ci s'est
converti à l'islam et a séjourné pendant
dix ans en Turquie où il semble
avoir milité dans la mouvance de Milli
Görus. Le CIB et le PCP ont souvent
été considérés comme salafistes, en
raison d'une lecture intégraliste du
Coran (qui prône une lecture littérale
du Coran et l'imitation des premiers
âges de l'islam). Ils s'en séparent
cependant par leurs revendications
proprement politiques et le fait même de
se constituer en parti.
Son idéologie Le programme du PCP est
favorable à une aide à l'immigration
et à l'acquisition de la nationalité
belge ainsi qu'au droit de vote pour
les étrangers non-communautaires. Il
réclame également la création
d'émissions musulmanes à la
radio-télévision d'État, l'octroi de congés
légaux les jours fériés musulmans, la
création de cimetières musulmans,
l'autorisation de se faire servir des
repas hallal dans les cantines
d'entreprises publiques et privées, le
respect des préceptes coraniques
dans les hôpitaux, le droit à poser
voilée sur des photos d'identité et,
d'une manière générale, l'instauration
d'une sorte de système juridique
autonome relevant de la charia pour les
musulmans de Belgique. Tout ceci
non sans se réclamer d'une identité
nationale belge, ce qui est d'ailleurs
logique, au vu du nombre de convertis
dans les premières instances du parti.
Ainsi, le programme du parti indique que
« le PCP rejette sans appel le
modèle d'intégration qu'on exige des
citoyens musulmans belges aujourd'hui,
et qui n'est qu'une tentative déguisée
d'assimilation pure et simple, non
plus seulement des citoyens comme tels,
mais de leur religion ! Le PCP
revendique, par contre, la nationalité
et la citoyenneté dans le cadre
d'une intégration partagée par toutes
les composantes de la société. Une
intégration critique, maîtrisée,
auto-régulée en fonction de
l'épanouissement et de l'intérêt bien
compris du citoyen belge musulman,
qui se sent aussi bien belge que
musulman ».
Dans le document qui récapitule les «
Douze fondamentaux » de son action,
le PCP déclare qu'il « ne conteste pas
la légitimité des gouvernants, ni
d'une quelconque autorité
démocratiquement constituée de ce pays ». Il dit
en outre refuser « toute activité
terroriste, toute expression armée ou
violente d'une quelconque revendication
religieuse, idéologique ou
politique ». Il utilise toutefois des
formulations qui recouvrent des
préjugés antijuifs évidents. Ainsi de sa
volonté de « mettre en garde
contre les abus, tant du grand capital
ultra libéral que des utopies
collectivistes marxistes » ; ou encore
du fait qu'il « s'oppose à toute
idéologie, doctrine, parti ou ethnie qui
monopoliseraient le pouvoir
politique, économique ou culturel pour
son intérêt exclusif, au détriment
d'expressions originales distinctes ».
Enfin, le parti dit vouloir « mettre
sur pied un réseau complet
d'enseignement islamique privé, de lieux de
culte appropriés, d'une chaîne privée de
télévision ».
Toutefois, le PCP est à la marge de la
communauté musulmane de Belgique.
Notamment, il est très critique
vis-à-vis de l'équivalent belge du CFCM,
l'Exécutif des Musulmans de Belgique, et
déclare en conséquence qu'il «
combat la mainmise étrangère, mais aussi
intérieure, qui prétend détenir la
vraie représentation de l'islam en
Belgique ». Autre preuve de sa
marginalité, les 17 et 18 janvier 2004,
il n'a pas été autorisé par les
organisateurs (le « Comité Touche pas à
mon foulard », proche de Tariq
Ramadan) à se joindre à la manifestation
contre la loi française sur le
voile islamique qui avait lieu à
Bruxelles. Il a bien participé à une
manifestation parisienne sur le sujet,
mais c'était à celle du 17 janvier à
l'initiative du Parti des Musulmans de
France. Enfin, même le Hizb ut
Tahrir l'a empêché de prendre part à la
manifestation qu'il a organisée en
présence de 350 personnes, à Saint-Josse,
sur la place Madou, le 18 janvier.
En revanche, le PCP a été autorisé à
prendre part à diverses manifestations
bruxelloises contre la guerre en Irak,
où il a distribué un tract invitant
les musulmans « à utiliser contre les
forces de la coalition
anglo-américaine du mal absolu qui
s'attaquent depuis si longtemps aux
peuples irakien et palestinien, l'arme
ultime des invocations pour supplier
Allah, le Tout-Puissant de mettre un
terme à l'oppression et à l'arrogance
de ceux qui ne reconnaissent que le
pouvoir de l'argent et de la force
brute ».
Ses résultats électoraux Lors des
élections législatives du 18 mai 2003, le
PCP a remporté 8.258 voix, soit 0,98 %
des votes dans l'arrondissement de
Bruxelles Halle-Vilvorde. À lui seul,
Bastin avait engrangé 5.073 voix de
préférence. Le PCP estimait ce score à
10% des musulmans de la
circonscription. Ramené au niveau
communal, le score était de 2,02% à
Anderlecht ; 2,18% à Schaerbeek ; 2,41%
à Saint-Gilles ; 2,45% à
Bruxelles-Ville et 2,78% à Molenbeek.
Bastin a démissionné de la direction du
PCP, en mars 2004, au motif
officiel de la « réorientation
doctrinale sectaire et arrogante » du parti,
impulsée par sheikh Bassam Ayachi. Il a
alors pris la tête du Parti Jeunes
Musulmans. En réalité, la position de
Bastin était fragilisée par
l'arrestation en Turquie de son fils,
Muhammed El Amin Bastin (23 ans),
dans le cadre de l'enquête sur les
attentats antisémites commis en novembre
2003 à Istanbul (62 morts, 750 blessés).
Aux élections du 13 juin 2004 pour le
Conseil de la Région de
Bruxelles-Capitale, le PCP a obtenu
0,84% des voix du groupe linguistique
français, soit 3281 voix. Sa liste était
menée par M'Hammed El Moudni,
suivi par Olivier Dassy et la
responsable des femmes du parti, Marie
Scheppers. La liste PCP se distinguait
de celle du PJM par le nombre de
convertis (au moins 11 sur 35 candidats)
et la présence de noirs africains,
tandis que la présence turque, forte au
PJM, y était inexistante.
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CENTRE ISLAMIQUE ET CULTUREL DE
BELGIQUE
Siège : Parc du Cinquantenaire à
Bruxelles
Fondation : 1963
Son histoire Le Centre islamique et
culturel de Belgique a été le
gestionnaire de l'islam belge, reconnu
de facto par les pouvoirs publics,
depuis la loi du 19 juillet 1974
reconnaissant le culte musulman. À ce
titre, l'imam-directeur du centre avait
un rôle prépondérant dans
l'organisation des cours de religion
musulmane dans les écoles publiques,
prévus par la loi belge.
Il a été fondé avec le financement des
ambassades musulmanes à Bruxelles.
Et s'est agrandi en 1967, lors de la
visite du roi Fayçal d'Arabie
saoudite, par le don d'un bâtiment dans
le parc du Cinquantenaire, offert
par le roi Baudouin I. La construction
fut entièrement prise en charge, en
1968, par l'Arabie saoudite et, à partir
de 1982, la Ligue islamique
mondiale a couvert les frais de
fonctionnement du centre. Depuis 1986, le
Centre gère aussi la mosquée de
l'aéroport de Zaventem.
Le Centre islamique et culturel de
Belgique est à l'origine de la création,
en septembre 1989, de la première école
primaire islamique de Belgique,
l'école Al Ghazali, à Bruxelles. En
novembre de la même année, des parents
d'origine marocaine, soutenus par
l'imam- directeur du Centre, assignent en
référé l'exécutif de la Communauté
française et les bourgmestres de
Schaerbeek, Molenbeek et Saint- Gilles,
afin de faire reconnaître le droit
des jeunes filles qui le souhaitaient
"de se couvrir la tête d'un foulard,
tout en suivant les cours de manière
parfaitement normale" dans des
établissements communaux d'enseignement.
À l'ouverture du procès, qui se
déroulait un vendredi, une prière
collective eut lieu dans une des salles
du Palais de Justice.
Les liens du Centre avec l'islam
wahhabite et l'Arabie saoudite avaient
déjà poussé Jean Gol, alors ministre
belge de la Justice, à rédiger en 1985
un projet d'arrêté royal pour créer un «
Conseil supérieur des Musulmans de
Belgique », plus représentatif et moins
controversé. Le projet fut alors
rejeté par le Conseil d'État.
L'assassinat de l'imam et du bibliothécaire
du Centre, en février 1989, ajouta
encore à la suspicion et le gouvernement
déchargea le centre de ses compétences
en matière de désignation des
enseignants de religion musulmane, en
mars 1990. Soucieux de regagner du
terrain, le Centre organisa, en janvier
1991, un processus électoral pour
la désignation d'un « Conseil supérieur
des Musulmans », non officiellement
reconnu. Lorsque l'État organisa, en
1993, une sorte de « constituante »,
qui aboutit à la création de l'Exécutif
des Musulmans de Belgique, le
président du Conseil Supérieur en devint
le chef. La situation actuelle du
Centre est prépondérante au sein d'une
instance pluraliste - un peu comme
celle de l'UOIF au sein du CFCM.
Son idéologie Parmi les objectifs
statutaires du CICB figurent : protéger
la jeunesse musulmane de la déviance, de
l'ignorance de leur religion et
mise en place de programmes éducatifs -
exposer la réalité de l'islam et
corriger certaines conceptions erronées
au sujet de l'islam et des
musulmans - rappeler que l'islam est une
religion de juste milieu et de
modération et exclut toutes formes
d'exagération et d'extrémisme - faire
découvrir à l'opinion publique belge la
civilisation musulmane et sa
culture et mettre à sa disposition
livres et brochures et autres.
Ses activités Le Centre gère un Institut
européen de Théologie, structure
de type universitaire qui octroie un
diplôme de licence d'études
islamiques. Il dispense également des
cours d'arabe et de science
islamique, y compris pour les femmes et
les non- arabophones. Il organise
des conférences, notamment, le 16
novembre 2003, sur le thème : « Le coran
: un livre, un chemin » avec, pour
orateur, Tariq Ramadan. Il est enfin un
lieu de culte.
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LE JARDIN DES JEUNES
Siège : Bruxelles
Son objectif Association salafiste dont
les locaux se situent Chaussée
d'Anvers et qui est très proche du
Centre Boukhari. Elle a pour objectif de
dispenser, dans des cours séparés pour
hommes et femmes (dont certains
payants), une « formation islamique
basée sur le Coran et la Sunna », ainsi
que des cours d'arabe et de
calligraphie. Outre les conférenciers habituels
du Centre Boukhari ( Daoud Van Beveren,
Mustafa Kastit ), les cours de
matières religieuses pour l'année
2004/2005 sont donnés par Yassin Alkalay,
Hicham Azmani, Murad Boulaich, Youssef
Kaoukabi et Mohamed Yacoob. Les
thèmes de conférences sont classiques :
le ramadan, la vie après la mort, «
accroche-toi à ton voile ». Les entrées
« femmes » et « hommes » du local
sont séparées et situées à des adresses
postales différentes.
Sa production Le Jardin des jeunes a
produit à ce jour 33 cassettes audio,
diffusées en France par Iqra Shop, à
Montreuil. Les auteurs des conférences
ainsi enregistrées sont ceux nommés plus
haut. Parmi les thèmes abordés : «
les règles du sport en islam », « les
caractéristiques de l'épouse pieuse
», « la sorcellerie », « comment
préserver ta chasteté » et « comment
t'acquérir les faveurs de ton mari ».
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MOUVEMENT JEUNES MUSULMANS - PARTI
JEUNES MUSULMANS
Siège : Anderlecht
Dirigeant : Jean-François Abdullah
Bastin
Journal (en ligne) : « Partenaire »
Fondation : 2004
Son histoire Le PJM se présente comme «
un parti belge d'inspiration
islamique qui défend contre l'injustice
et les discriminations tous les
Belges et tous les musulmans ». Il
déclare rejeter « deux voies
idéologico-politiques extrêmes (les "
intégrés " laïcs et les " intégristes
" salafistes) au milieu desquels
louvoient sans grande clarté les
réformistes participationnistes
(Ramadan) ». Il est constitué par les
militants du Parti Citoyenneté
Prospérité qui ont suivi Bastin, début 2004,
lorsqu'il a quitté ce mouvement, mis à
l'écart en raison de l'arrestation
d'un de ses fils, en Turquie, impliqué
dans les attentats antisémites
d'Istanbul, en novembre 2003.
Son idéologie Le programme du PJM ne
diffère en rien de celui du PCP.
Ses résultats électoraux Aux élections
régionales du 13 juin 2004, pour le
Conseil de la Région Bruxelles-Capitale,
le PJM a obtenu 1,08% des voix du
groupe linguistique français, soit 4.214
suffrages.
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VIGILANCE MUSULMANE
Siège : Bruxelles
Coordinateurs : Abdelghani Ben Moussa
/Ahmed Mouhssin / Hamidi Elidrissi
Ses objectifs L'association se présente
comme une « plateforme citoyenne
attentive aux nombreuses dérives que
connaît le processus de
l'institutionnalisation de l'islam en
Belgique ». Autrement dit, elle est
opposée à l'Exécutif des Musulmans de
Belgique. Elle tient le discours
classique de mise en avant de l'islamophobie
et dit « dénoncer sans ambages
les ingérences et les discriminations
dont est victime le culte musulman ».
Ses activités Vigilance Musulmane a
organisé à Bruxelles le 29 mai 2004,
soit deux semaines avant les élections
régionales et européennes, une «
rencontre sur l'institutionnalisation de
l'islam ». Thème du débat : «
Islam : religion de deuxième catégorie ?
». Parmi les orateurs annoncés :
François de Smedt, vice-président du
MRAX ( équivalent belge du MRAP),
Abdelmajid Mauchi, membre de l'Exécutif
des
Musulmans de Belgique, ainsi que des
représentants des principaux partis
politiques francophones : Mohamed
Azzouzi pour le PS, Fouad Lahssani pour
Ecolo, Clotilde Nyssens pour le CDH ;
Françoise Schepmans pour le MR.
Ses animateurs Vigilance Musulmane est
remarquable par la personnalité de
son animateur principal, Ahmed Mouhssin,
36 ans, Conseiller communal à
Saint-Josse-ten-Noode et candidat de
soutien de la Liste Ecolo aux
régionales de juin 2004. Il est
également membre du Comité pour la
Solidarité entre les Communes belges et
palestiniennes, fondé en mars 2002.
Abdelghani Ben Moussa, 32 ans,
responsable également du Collectif de
Sensibilisation à la Citoyenneté, était
pour sa part candidat en 52è
position sur la liste du Parti CDH à
Bruxelles, et déclarait, dans son
programme, vouloir lutter contre une «
islamophobie et antisémitisme en
contagion ». Il a été l'organisateur,
après les attentats islamistes
d'Istanbul, en novembre 2003, d'une
manifestation sur le mot d'ordre « non
à la terreur, oui à la paix entre les
peuples et oui pour un monde plus
juste et solidaire". Il y a pris la
parole pour dire « non à
l'islamophobie, non à l'antisémitisme et
non aux attaques contre les lieux
de culte ».
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CENTRE AL-BOUKHARI
Siège : Bruxelles
Son idéologie Lieu d'étude (dispensant
des cours d'arabe ; de Fiqh, de
Akida et de Coran), situé rue des
Fabriques, et dont l'orientation
religieuse fait l'objet de controverses
dans le milieu islamiste belge
comme français. Animé par trois
personnes (un nommé Adil, connu seulement
par son prénom, ainsi que Daoud Van
Beveren et Mustafa Kastit), le centre
est d'orientation salafiste. Il apparaît
- à partir des forums du site
assabyle.com - qu'il est considéré comme
appartenant à la mouvance «
qotbiste » (disciple de feu Sayed Qotb,
partisan de l'action violente) et
qu'il est un endroit d'étude déconseillé
par les adeptes du sheikh Rabi ibn
Hadi al Madkhali, une des autorités de
référence du courant salafiste le
plus opposé à l'action politique.
Ses activités Le centre vend plusieurs
cassettes, notamment sur des thèmes
comme « les conférenciers des gens de la
Sunnah », « des conceptions à
corriger » (par Daoud van Beveren), ou «
le dégât des rumeurs » (par
Mustafa Kastit). Editées par l'asbl « Le
jardin des jeunes ». Certaines
sont commercialisées en France par Iqra
Shop, à Montreuil.
Le centre organise également des
conférences publiques, comme celle sur «
le comportement du musulman en rue »,
faite par Daoud van Beveren le 21
février 2004 - le même étant intervenu à
la Mosquée al-Fath d'Anderlecht le
18 juin 2004 sur le thème « Parmi les
bienséances des vacances ». Un
colloque a également été organisé en
2004, sur « la famille musulmane », et
s'est tenu à la mosquée al-Khalil de
Bruxelles.
Daoud Van Beveren, qui tient la
librairie attenante au Centre, y vendrait
les ouvrages de cheiks salafistes
particulièrement intransigeants, comme
celui du cheikh syrien Adnan al Arour («
Le triste vécu »), et du cheikh
saoudien, Salman al-Hawda. Le Centre
Boukhari édite aussi le magazine
Al-Balagh, qui contient des articles
traduits des décisionnaires Safar
Al-Hawali, Salman Al-Awdah, Nassir
al-Omar et Salih Al-Munajid.
Bien que l'animateur nommé Adil
participe à la Ligue des Imams de Belgique,
le Centre Boukhari a la réputation
d'être un endroit particulièrement «dur»
du milieu islamiste
bruxellois.