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PALESTINE: THE FAILURE OF THE JEWISH STATE
PALESTINA: HET FAILLIET VAN DE STAAT ISRAËL
PALESTINE: NOTRE GHETTO DE VARSOVIE

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Tanya Reinhart :
Nous n'avons rien vu; nous ne savions pas.
Tanya Reinhart enseigne à l'université de Tel Aviv. L'article qui suit est paru le 14 mars 2001 en hébreu dans le quotidien Yediot Aharonot, et a été traduit en anglais pour MiD-EasT RealitieS ( http://www.MiddleEast.Org ).

Le peuple palestinien se réfère à de nombreux symboles, l'un d'entre eux est l'université de Bir Zeit, près de Ramallah - le centre intellectuel laïque de la société.

Pendant des années, Bir Zeit a également symbolisé l'esprit de coexistence entre les deux peuples. Même aux moments les plus sombres de l'occupation (quand l'université pouvait être fermée immédiatement sur simple ordre militaire), ils ont appelé à une solution fondée sur la reconnaissance mutuelle des droits des deux peuples. Alors que leurs positions étaient loin d'être populaires au sein de leur communauté, et que certains les accusaient même de collaboration, ils souhaitaient coopérer avec les forces de paix en Israël opposées à l'occupation. Dans les années 80, mon éducation politique s'est forgée, comme pour beaucoup d'autres, dans la voie du combat civil et démocratique tracée par les conférenciers de Bir Zeit, jeunes et idéalistes.

Il ne fait aucun doute que Bir Zeit a joué un rôle important dans le triomphe de l'esprit de compromis et de réconciliation au sein de la société palestinienne à la veille d'Oslo, lorsque le peuple palestinien nous tendit les mains en signe de paix, avec espoir et confiance.

La semaine dernière, Bir Zeit, à son tour, s'est retrouvée dans les griffes de l'administration militaire. Des bulldozers ont démoli la seule route qui relie Ramallah à Bir Zeit et à quelque trente autres villages. Depuis lors, plus personne n'entre ni ne sort - aucune ambulance, aucun camion de livraison, aucun des étudiants ou conférenciers qui habitent à Ramallah. Le ghetto de Bir Zeit a rejoint les ghettos de Gaza, les camps de prisonniers de Jéricho, Jénine et Tubas, qui sont encerclés de fossés et de bien d'autres obstacles. Cette semaine, les quartiers sud et ouest de Ramallah ont également été isolés, et le ghetto de Ramallah est passé d'un «encerclement lâche» à un «encerclement étouffant».

Dans la nouvelle langue militaire, les ghettos sont qualifiés d'«entités territoriales». Les quotidiens parus ce dernier week-end ont dévoilé les plans à court terme des forces israéliennes de défense (IDF): Depuis Oslo, «les IDF considéraient les Territoires occupés comme une entité territoriale unique», et cela imposait aux IDF certaines contraintes, et autorisait un certain degré de liberté pour l'Autorité Palestinienne et la population palestinienne. Le nouveau plan revient au concept d'administration militaire qui a prévalu au cours des années qui ont précédé Oslo: les Territoires occupés seront divisés en 64 entités territoriales isolées, chacune d'elle étant confiée à une puissance militaire spéciale, «et il sera laissé à la libre discrétion des commandants locaux» de décider quand et sur qui tirer. Les IDF ont déjà procédé au découpage de Gaza en entités territoriales, «mais jusqu'à présent, il y avait simplement isolation, et non traitement au sein de chaque entité» (Alex Fishman, Yediot Aharonot, 9 mars 2001).

Maintenant que la retenue imposée par la période électorale a pris fin, les IDF et le système politique sont prêts pour la phase de «traitement». Et nous parlons d'un «traitement» complet, qui inclut non seulement les privations, les emprisonnements et le «pouvoir discrétionnaire local» en matière de tirs, mais aussi l'élimination personnelle planifiée des leaders palestiniens et la destruction de l'infrastructure sociale.

Nous, qui avons grandi dans la mémoire de l'holocauste, l'avons érigé pour nous-mêmes en référence unique du Mal. Bien sûr, aucun crime ne pourra égaler et se comparer à l'élimination systématique et planifiée de six millions de personnes. Mais il semble que ce que nous avons intériorisé de ce souvenir, c'est que tout mal qui se trouve en deça de cette référence reste dans les limites de l'«acceptable».

Les cinq derniers mois ont constitué un processus lent, mais systématique et planifié, d'élimination des Palestiniens dans les Territoires occupés. Cela ne se retrouve certes pas dans les statistiques du nombre de morts. Israël ne pouvait se permettre des milliers de morts. Donc, des soldats, soigneusement entraînés à cette fin, ont mené une chasse à l'homme - visant les yeux ou les genoux, afin de blesser mais non de tuer, établissant un quota journalier qui ne fait aucune distinction entre manifestants et simples passants.

On dénombre à ce jour au moins 12.000 blessés, nombre d'entre eux sont aveugles, estropiés et mutilés. Leur destin sera de mourir à petit feu, loin des caméras. Pour certains, ce sera parce qu'aucun hôpital ne peut les prendre en charge, pour d'autres parce que, handicapés, il leur sera impossible de survivre en raison des privations et de la destruction des infrastructures infligées à leur peuple. Mais nous nous en lavons les mains - ceux qui meurent des suites de leur handicap n'entrent pas dans les statistiques du Mal.

Les Palestiniens ne sont pas six millions dans les Territoires occupés, et l'idéologie du mal n'est pas la même non plus. L'idéologie nazie, bornée et absolue, ne se rencontre que dans les centres messianiques des colons peuplant les Territoires. L'armée et le gouvernement se contentent de protéger le cadre de vie des colons. Et tous les autres sont seulement déroutés par les Palestiniens, qui ne parviennent pas à saisir à quel point notre désir de paix est immense.

Mais en Allemagne aussi, la majorité des Allemands n'étaient pas des nazis. La majorité avait seulement choisi de ne pas savoir.
 [ Traduit de l'anglais par G. B. ]

Merci de faire circuler et de diffuser largement.

Pour plus d'informations, visitez notre site:

http://www.solidarite-palestine.org/

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Web MasterUPDATE: JANUARY 12, 2002