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NAPLOUSE: Où sont les journalistes étrangers?

Par John   

Naplouse  Les territoires palestiniens sont-ils le seul endroit au
monde déchiré par la guerre non couvert par les journalistes? Comment
peut-on avoir des reportages précis sur le conflit si les journalistes ne
quittent jamais Jérusalem ou Ramallah - des villes qui sont généralement
à l’abri du harcèlement et de la violence quotidienne dans les
territoires palestiniens ?

Depuis que je suis arrivé il y a quelques semaines, j'ai rencontré
seulement deux journalistes étrangers en Cisjordanie. L’un était un
journaliste free-lance indépendant; l'autre, que j'ai rencontré seulement ce
matin, est une Galloise âgée qui travaille avec la BBC.

Poursuivant leur passion pour la justice, ils sont venus seuls ici et
sans équipe - et généralement sans appui institutionnel.

Ainsi à Naplouse, une ville de 300.000 personnes constamment sous le
siège des incursions et de la violence militaire israélienne, le
journaliste occasionnel ou le pacifiste international se distingue
immédiatement.

La semaine dernière à Jenine, par exemple, cinq internationaux de l’ISM
étaient les seuls étrangers dans la ville. Il n'y avait pas un
journaliste seul étranger. Par rapport à l'Irak, la Cisjordanie est
généralement un endroit sûr pour voyager et travailler.

Les Palestiniens sont extraordinairement généreux et hospitaliers. Tout
comme d’autres qui ont passé quelque temps ici, je me sens plus en
sécurité ici que dans de nombreuses villes américaines.

Est-ce que les journalistes absents sont trop paresseux, l’occupation
dure telle depuis tellement longtemps que ce n'est plus attirant, ou ils
sont intimidés par le gouvernement israélien ?

Israel se réserve le droit de censurer les images et les informations
des journalistes étrangers, mais il y a bien d es façons de ramener des
histoires vraies si l’on veut faire un effort.

La journaliste de la BBC que j'ai rencontré à Naplouse ce matin est
dans ce cas. Elle a changé son nom quatres fois en deux ans afin de
pouvoir entrer dans le pays pour y travailler. Agir ainsi lui a permis
d’effectuer des reportages fidèles et d’échapper à la censure et aux
directives strictes de médias qu'Israel impose à ses journalistes.

Les deux journalistes que j'ai rencontrés sont uniques du fait qu’ils
ont dû se donner beaucoup de peine rien que pour entrer dans Naplouse.

Au cours du mois dernier, la ville était fermée à tous les Étrangers.
Cela aussi bien les activistes des droits de l'homme, tels que les
volontaires de l’ISM, que les journalistes.

Pour entrer dans la ville, on doit s’y glisser furtivement, ce qui
exige que vous devez trouver quelqu'un pour vous montrer un chemin que les
soldats israéliens ne connaissent pas.

Ces routes secrètes vous obligent à passer en voiture sur quelques
routes très mauvaises, marcher, mais ce voyage peut être fait en quelques
heures. Cependant, la nécessité d'utiliser des routes secrètes pour
entrer et sortir d'une ville dont le périmètre est contrôlé par des soldats
israéliens criminalise les gens qui doivent ou veulent entrer ou sortir
sans censure ou sans harcèlement.

Il y a deux ans à Naplouse (quand la ville était officiellement
"ouverte" aux Étrangers et aux d'autres), je me tenais un jour à côté d'un
photographe de la BBC qui effectuait un reportage sur une invasion
israélienne en cours ce jour-là.

Alors qu’ils essayaient d’aller à l'école, des enfants ont été aspergés
de gaz lacrymogène, arrêtés et frappés par des soldats Israeliens.

Nous étions tous deux en train de documenter les événements quand un
soldat s’est approché de nous et a demandé notre film.

Nous avons tous les deux refusé mais par la suite le journaliste de la
BBC a renoncé au film pour le donner au soldat. Je lui ai demandé
pourquoi il l’avait donné.

Il a répondu : "Si je ne leur donnais pas le film, je ne pourrai plus
travailler ici et ce serait mauvais pour ma carrière".

Étant le seul journaliste étranger dans la ville à ce moment-là - dont
le film a plus tard été confisqué - le monde ne pourra jamais être
témoin de la violence incroyable des soldats israéliens envers ces
écoliers. Israel croit que sa guerre avec les Palestiniens est, au moins en
partie, une guerre de relations publiques.

Les membres du gouvernement parlent ouvertement de leur besoin de
contrôler la façon dont le conflit est expliqué aux Etats-Unis et en Europe.

Les gens qui s’informent sur le conflit par les médias traditionnels
Euro-Américains ne pourront jamais comprendre ce conflit.

Sans rechercher les nombreux sites d’informations alternatifs et
indépendants qui couvrent le conflit ici, la plupart des personnes en
"Occident" comprennent mal le conflit : Ils pensent qu’il s’agit d’une "guerre
entre deux peuples" de haine ethnique, primordiale, et religieuse ou,
alors, comme la réponse israélienne à la violence palestinienne.

Ils ne comprennent pas le fait le plus élémentaire de la vie pour la
population dans les territoires occupés, qui est : les Palestiniens
vivent sous une occupation militaire dure et brutale d'une armée étrangère.
L’occupation, qui est aujourd'hui la plus longue au monde, est rarement
mentionnée.

Aussi longtemps que les journalistes ne sont pas disposés à prendre des
risques, à informer sans tenir compte des intérêts israéliens ou à
voyager dans les secteurs interdits par le gouvernement israélien, le monde
n’aura jamais l'objectivité et la connaissance dont il a besoin afin de
comprendre vraiment ce conflit et l'injustice sociale qu'il perpétue.   

Source : www.palsolidarity.org   
Traduction : MG pour http://www.ism-france.org

http://www.aloufok.net

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Web MasterUPDATE: December 6, 2004