| A L'INITIATIVE de deux organisations négationnistes
néonazies, la suisse Vérité et justice et l'américaine
Institute
for Historical Review (IHR), une conférence intitulée
"
Révisionnisme et sionisme " est prévue du 31 mars au
3 avril à Beyrouth. " Des chercheurs et activistes révisionnistes
célèbres de différentes nationalités doivent
y participer ", reflétant ainsi la coopération croissante
entre chercheurs " indépendants " de pays européens, des
Etats-Unis et du Proche-Orient, peut-on lire sur le site Internet d'IHR.
Ce n'est plus un secret pour personne à Beyrouth que les autorités
libanaises sont soumises à de multiples pressions pour interdire
cette conférence. Mais, à ce jour, les sources les mieux
informées dans la capitale libanaise ne sont pas en mesure de dire
où celle-ci se tiendra, ni qui en est le parrain côté
libanais.
Un groupe de quatorze intellectuels arabes a donc
décidé de dénoncer, dans un appel, cette conférence
qui, sous le prétexte plus que probable de solidarité avec
la cause palestinienne, développera des thèses négationnistes,
niant la réalité du génocide commis par les nazis
contre les juifs.
" Nous, intellectuels arabes, sommes
indignés par cette entreprise antisémite. Nous alertons à
ce sujet les opinions publiques libanaise et arabes et appelons les autorités
compétentes du Liban à interdire la tenue à Beyrouth
de cette manifestation inadmissible ",
écrivent les signataires de l'appel, qui font
partie de l'élite intellectuelle arabe : les poètes Adonis
(Liban) et Mahmoud Darwisch (Palestine), l'historien Mohammed Harbi (Algérie),
les écrivains Jamel Eddine Bencheikh (Algérie), Mohamad Berada
(Maroc), Dominique Eddé, Elias Khoury, Gérard Khoury et Salah
Stétié (Liban) Fayez Mallas et Farouk Mardam-Bey (Syrie),
Edward Saïd, Khalida Saïd et Elias Sanbar (Palestine).
"Cette initiative, qui utilise le Liban comme
plate-forme de ses propres objectifs, survient au moment où un groupe
d'intellectuels libanais organisent de leur côté un colloque
intitulé "Mémoire pour l'avenir" qui propose, pour la première
fois depuis la fin de la guerre libanaise, un cadre de réflexion
et de débat sur un passé meurtrier ",
ajoutent-ils, en précisant que, " parmi les invités à
ce dernier colloque l'historien Pierre Vidal-Naquet, le juriste Antoine
Garapon, le professeur Jean-François Bergier, président de
la commission d'experts pour la seconde guerre mondiale, ainsi que de nombreux
autres écrivains, historiens, sociologues libanais et étrangers".
Dans un courageux éditorial publié
récemment par le quotidien saoudien El Hayat, sous le titre
"Les
Protocoles des sages de Beyrouth", le Libanais Joseph Samaha n'avait
pas hésité à écrire de son côté
que la tenue d'un tel forum à Beyrouth "déshonore le Liban".
Traitant les participants à cette conférence de "falsificateurs
de l'histoire", Joseph Samaha ajoute: la tenue d'une telle conférence
dans la capitale libanaise suggérera que "le combat défensif
arabe contre Israël et ses alliés est, d'une manière
ou d'une autre, la prolongation du projet d'extermination nazie".
"Au nom des victimes palestiniennes et arabes,
cette conférence prendra la défense du bourreau nazi et de
son crime contre les juifs", écrit encore l'éditorialiste,
qui refuse que "la cause palestinienne" serve de "faux témoin"
à
une tentative de réécriture négationniste de l'histoire
européenne.
NON
A LA HAINE!
Ce n'est hélas pas la première fois
que des négationnistes-révisionnistes tentent, en s'appuyant
sur des esprits incrédules, de corréler leur conviction raciste
à leur pseudo soutien à la cause palestinienne.
L'antisémitisme racial, né dans l'Occident
de la fin du XIXème siècle, et qui est à l'origine
d'un des plus grands génocides de l'histoire, n'a aucun enracinement
dans la pensée et la tradition politique arabes.
Nous nous indignons qu'il n'y ait pas plus de protestation
parmi les intellectuels arabes et les représentants de la société
civile contre la tenue annoncée de la conférence "Révisionnisme
et sionisme", à Beyrouth du 31 mars au 3 avril 2001.
"Vérité et Justice", organisation
suisse et "Institute for Historical Review" (IHR-USA) pouvaient accomplir
leur besogne dans leur propre espace national. En organisant leur rassemblement
nauséabond au Liban, ils dévoilent une stratégie de
la perversion et rendent le meilleur service à Israël. Le peuple
palestinien subit de la part du sionisme et de l'israélisme un déni
de droit depuis 53 ans, les deux tiers de ses enfants sont dispersés
dans le monde; la lutte de libération qu'il mène et dont
l'actuelle Intifada est un moment fort ne saurait en aucun cas être
confondue avec la défense des criminels nazis. Reconnaître
la souffrance passé du peuple juif est un devoir pour l'humanité
toute entière, amener par la force du droit et les valeurs éthiques
Israël à reconnaitre et à réparer ses crimes
contre les Palestiniens est un autre objectif auquel nous souscrivons sans
réserve. Le gouvernement libanais ne peut peut-être pas interdire
la conférence des néo-nazis, mais nous, intellectuels arabes et
nos amis de par le monde nous tenions à dénoncer cette horrible
entreprise dont le dessein est d'amalagamer les archaïsmes et
d'entretenir la haine.
Ahmed BENANI
Président de l'Observatoire International
des Affaires de la Palestine
OIAP - Lausanne - Suisse
Lausanne, le 21 mars 2001
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Original Message -----
From: <nelpal@wanadoo.fr>
Sent: Saturday, March
24, 2001 8:56 AM |