CIE-INDEX

Février 2004

La 4ème commémoration des émeutes racistes d’El Ejido en Espagne

Dossier spécial : El EJIDO, la terre de non droit ou la chasse aux  « moros ».

Témoignage : Mouedden Mohsin (Bruxelles – Belgique)

Photo prise à El Ejido (arrestation des marocains)

 

Il y a exactement 4 ans, le 5, 6 et 7 février 2000, des émeutes racistes d’une violence inouïe furent commises à l’encontre des marocains vivant dans la région d’Almeria.

Ce « pogrom » souleva l’indignation en Espagne et dans le monde entier.

Ces violences racistes planifiées, trouvèrent, dit-on, leur origine suite à l’assassinat d’une jeune espagnole par un marocain déséquilibré (1). Pourtant quelques années plus tôt  en 1998 et 1999, deux Marocains sont tués et trois Marocains se font lyncher par des agriculteurs à El Ejido (2). A l’époque déjà, le monde politique observa un silence coupable.

En 2000,  une violence brutale, rappelant la nuit de cristal sous l’Allemagne Hitlérienne (3) où les « moros », hommes et femmes vont être passés à tabac, des maisons et petits commerces appartenant à des marocains saccagés et incendiés, des associations de luttes pour les immigrés prises à parti, ou comme l’association des femmes progressistes d’El Ejido, incendiée et sa présidente courageuse, menacée de mort pour avoir protégé « des moros ». Ces violences ont même obligé des milliers d’immigrés à fuir la ville et à se cacher pendant plusieurs jours, sans eau ni électricité, dans les montagnes arides de la Sierra Nevada, (nous rappelant à certains égards la fuite des musulmans au 16ème  et 17ème siècle, sous l’inquisition catholique) où la Croix-Rouge espagnole interviendra en urgence pour leur porter secours.

Pourquoi une telle haine envers les « moros » (4) ? D’après les andalous vivant sur place, une délinquance importante de cette communauté serait à l’origine de ces violences. S’il existe effectivement une certaine forme de délinquance marginale, elle ne peut-être à l’origine d’une violence aussi caractérisée envers une communauté aux abois.

Il s’agit, d’après de nombreux témoignages de « marocains » vivant sur place, avant tout d’une haine viscérale de la population andalouse envers les marocains, ce syndrome remonterait d’après eux (les marocains) déjà au 16ème et 17ème siècle, avec la chasse des musulmans d’Espagne (5), elle continuera au 20ème siècle avec la colonisation et la participation des tirailleurs marocains incorporés dans les régiments franquistes pour « mater » la révolte populaire espagnole et enfin pour finir, d’une non intégration de cette communauté particulièrement attachée à une religion jugée trop « étrangère » en terre andalouse, malgré sa présence pendant 8 siècles !

Qu’en est-il réellement ?

Il est évident que la délinquance est un fait dans cette région, il suffit pour cela de déambuler dans les rues d’Alméria, de Roquetas d’El Mar ou d’autres localités, cependant elle est très marginale, rien de comparable par exemple à ce que nous connaissons à Bruxelles, Amsterdam ou la banlieue parisienne… pour ces délinquants sans papiers rappelons-le, il s’agit surtout de « survivre » dans une misère parfois affolante. On ne peut aussi écarter le fait que nombre d’andalous ou d’espagnols, sans verser dans les catégorisations, dangereuses et manichéennes (j’ai rencontré une minorité condamnant les agissements de leurs compatriotes de manière plus que virulente) ont des ressentiments profonds remontant à notre histoire commune, à savoir la présence musulmane (ou l’occupation) d’Al Andalus (cependant le gouvernement de l’Andalousie est fière du patrimoine arabo-musulman, pour s’en convaincre, il suffit de visiter les sites grandioses et uniques, magnifiquement entretenus de l’Alhambra de Grenade, du quartier arabe de l’Albaycin, de la Giralda de Séville, de la grande Mosquée de Cordoue ou d’autres sites laissés en héritage qui ont fait la réputation mondiale de cette région), l’histoire du colonialisme (l’Espagne occupa le Maroc du Nord et du Sud, laissant le cœur du pays, Rabat, Casa, Fez et Meknes à la France) et des relations souvent houleuses entre le Royaume du Maroc, coupable pour le gouvernement ultra droitier et sécuritaire d’Aznar, de ne rien faire pour endiguer l’émigration de ces nationaux en Espagne. Pour rappel la crise de l’îlot persil (6), un rocher sans intérêt quelconque situé à quelques centaines de mètres du Maroc, revendiqué par ce dernier, (comme le sont aussi Ceuta, Melilla et les quelques îles environnantes),  provoquera une crise internationale.

La réaction disproportionnée de l’Espagne, qui envoya un navire militaire pour « impressionner » le gouvernement marocain… ne plut guère au Etats-Unis, qui déployèrent leur diplomatie pour ramener à la raison deux pays risquant une escalade inquiétante. N’écartons pas non plus « une guerre économique » entre les protagonistes, où le Maroc essaye de signer des accords commerciaux avec l’Union Européenne, sans passer par Madrid, ce qui a le don d’agacer ce dernier.

On le voit les émeutes racistes d’El Ejido dépassent de loin, le petit sans papiers marocain. Ces émeutes ne sont ni un fait divers, ni un dérapage, mais d’abord et avant tout les conséquences d’un refoulement, d’une frustration, d’une incompréhension et parfois aussi d’une « haine » remontant parfois à la nuit des temps…

Des centaines de journalistes d’Afrique, des States, d’Europe et même d’Asie se faisaient l’écho d’une chasse à l’homme rarement vue depuis la seconde guerre mondiale.

Les sans papiers marocains (7) et africains fuyant la misère de leurs contrées vinrent s’agglutiner par dizaines de milliers dans cet « eldorado » pour espérer un travail sous les serres d’El Ejido pour un salaire misérable…

Cet acharnement dans l’une des régions les plus arides d’Europe (là furent tournés dans les années 60 et 70 les westerns spaghettis) n’étonna guère les associations de terrain… un climat détestable depuis de nombreuses années, une exploitation honteuse, des conditions de travail dignes de l’esclavage et un parti populaire espagnol, où le maire d’El Ejido, un franquiste très droitier ne firent absolument rien pour améliorer les conditions humaines de ces nouveaux damnés du 21ème siècle.

Les médias locaux jouèrent un rôle néfaste en minimisant le pogrom et les violences subies par les marocains, mais aussi en taisant le comportement coupable des forces de l’ordre qui laissèrent faire,  quant aux chaînes et médias nationaux, ils furent impitoyables à l’égard du maire d’El Ejido et de la politique esclavagiste locale, certains parlant même « d’une honte nationale ». (8)

Quant à la réaction des marocains et des africains, elle fut remarquable et digne, des grèves générales, des manifestations, des grèves de la faim, ainsi que des occupations d’églises et de lieux symboliques, comme l’université, ont mis au grand jour, le drame terrifiant que vivaient ces reclus de la société espagnole.

El Ejido deviendra en moins de dix ans, une des localités les plus prospères de l’Espagne, le nombre de banques dans cette petite ville aride est le plus élevé d’Espagne en nombre d’habitants, cela grâce non seulement à l’exploitation de ces sans papiers (9), mais aussi grâce aux subsides colossaux versés par l’Union Européenne pour redresser cette région et en faire un des pôles économiques européens au niveau de l’agro-alimentaire (les fruits et légumes que nous consommons en Europe pendant l’hiver viennent de cette région).

Cinq mois plus tard, je me rendais à El Ejido, où je constatais une misère sociale et humaine digne d’Emile Zola et indigne d’une démocratie, je rencontrais plusieurs associations (ATIME, ACOGE ALMERIA, la minuscule mosquée d’Almeria, l’association wafa…) qui m’alertèrent de la situation catastrophique que vivaient les marocains. Suite à ces rencontres, nous décidions d’organiser des débats et rencontres à Bruxelles avec le collectif contre les expulsions (10) pour sensibiliser les citoyens et le monde politique belge et européen (de très nombreuses émissions radios sur Al Manar furent réalisées, un représentant marocain d’El Ejido vint participer à des rencontres de sensibilisation, ainsi que la directrice du Forum Civique Européen).

Un rassemblement devant l’ambassade d’Espagne (où nous furent reçus par Son Excellence l’ambassadeur d’Espagne en Belgique, embarrassé et désireux de renouer les liens, dit-il « fraternels, qui unissent la communauté marocaine et espagnole de par son histoire et sa proximité géographique), vint ponctuer toute une série de rencontres.

Allions-nous arriver à changer un tant soit peu, avec les associations espagnoles, françaises (nombreuses) et suisses la situation sur place ? David allait-il battre Goliath ? Les citoyens allaient-ils faire entendre leurs voix, face aux technocrates européens et à la mafia de l’agro-alimentaire ?

Un an plus tard, pour véritablement entreprendre un travail citoyen, alerter la société civile, nous décidions de lancer un vaste projet citoyen indépendant de tout pouvoir subsidiant (11). Des jeunes remarquables de cureghem et de Molenbeek mirent sur pied un projet d’échange avec des jeunes espagnoles du secondaire pour contrer le racisme, stopper les stéréotypes de par et d’autres et construire une société qui va au-delà des préjugés et xénophobies. (12).

Ce voyage fut un succès total, nous constatâmes une approche tout à fait différente entre les parents et leurs enfants… autant les premiers étaient farouches envers le marocain, l’arabe et le musulman, autant les seconds étaient ouvert, respectueux et plus important encore, reconnaissaient que leurs parents étaient parfois « racistes » et que « cela les gênaient, mais qu’ils n’osaient pas les contredirent ».

D’ailleurs suite à la visite d’une association à El Ejido (Acoge El Ejido ou accueil El Ejido), nous devions passer devant une petite rue ou se trouvaient des petits commerces marocains (un salon de coiffure, deux cafés-restos, un publiphone…) dés l’entame de la rue, nous vîmes les jeunes espagnols se braquer nous disant qu’ils ne pouvaient nous accompagner, de peur de représailles… les jeunes bruxellois furent assez déconcertés devant ce comportement « légitime » mais néanmoins révélateur du climat. Néanmoins des liens d’amitiés se tissèrent et deux ans plus tard, les petits belges accueillerent à leur tour les jeunes andalous… pour des retrouvailles fraternels et mémorables.

Quatre ans après ces violences racistes, l’exploitation des travailleurs continue de plus belle (13), les marocains, d’après mes dernières informations, sont boycottés systématiquement par les propriétaires terriens, préférant une main-d’œuvre « chrétienne » plus malléable venant de Roumanie ou d’Amérique latine… l’Union Européenne qui a investi des centaines de millions d’euros dans cette région a condamné ces agissements mais n’a pas fait plus, le pouvait-elle ? Oui, assurément, mais le lobbying de la droite européenne sur le danger d’une invasion étrangère par l’Afrique a permis de faire taire des voix « critiques, voire acerbes ». De plus l’Union Européenne a donné des moyens financiers considérables pour faire de l’Espagne, une forteresse, un bastion, un rempart contre la misère africaine. (Un projet gigantesque voit le jour dans des constructions de clôtures électrifiées pour faire barrage à la misère humaine venant d’Afrique).

Force est de constater que 4 ans plus tard, les « moros » sont toujours aussi mal perçus… les associations avec qui nous sommes en contact ont reçu plus de subsides et de moyens humains, des opérations « médiatiques » avec des affichages « géants » contre le racisme voient le jour depuis 2001, cela avant tout, pour donner une « image » plus respectable de la ville et de la région à travers le monde, une campagne de régularisation a aussi vu le jour pour apaiser et faire retomber la pression sur Madrid, des contrôles plus accrues commencent à titiller l’amour propre des grands propriétaires terriens, cependant la situation ne s’est guère amélioré, que du contraire… la totalité des propriétaires boycottent les marocains, de plus l’ arrivée massive des « moros » et africains « gonflant » la misère humaine déjà fortement marquée et les milliers de morts jonchant les côtes andalouses pendant la traversée risquée et périlleuse du détroit de Gibraltar provoque une incompréhension, un agacement tant du gouvernement que des citoyens (14), aidé en cela par la situation politique « gelée » entre Rabat et Madrid concernant le dossier immigration.

Le constat est amer, dur mais néanmoins réalisteDavid n’a pas vaincu Goliath, le citoyen n’est pas parvenu à faire entendre sa voix contre la « mafia » de l’agro-alimentaire et les technocrates de Bruxelles.

Malgré cela, nous pensons qu’un drame d’une telle ampleur n’est pas prêt de voir le jour, même à EL EJIDO car la honte nationale que fût ces ratonnades organisées, l’image dégradante de l’Espagne à travers le monde, le risque de sanctions économiques venant de Bruxelles, une meilleure organisation des travailleurs immigrés ainsi qu’une presse nationale et une société civile à Barcelone et Madrid impitoyable (15) à l’égard du gouvernement Aznar sont des signaux fort pour que des élus haineux locaux ne versent dans le racisme bestial et primaire.

Pourquoi rappeler ces faits, 4 ans plus tard ? Car à l’heure ou nous « fêterons » dignement les 40 ans de présence marocaine en Belgique, il me semblait nécessaire de rappeler qu’ici et là, marocains ou pas, à Bruxelles, Madrid ou Rome, dans cette Europe qui se veut le chantre de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et des idéaux humanistes, qu’il était de notre devoir ne pas oublier l’inacceptable, le racisme, les violences, la haine… (16)

De cette manière, nous faisons évoluer positivement nos démocraties… pour plus de droits, de justice, de respect, de pluralité et de fraternité.

Ne jamais oublier le pogrom d’El Ejido pour nous rappeler que l’histoire atroce de l’Europe ne doit pas être sélective, qu’elle peut engendrer l’épouvante même au début du 21ème siècle, en Europe.

 

Mouedden Mohsin
Acteur associatif belge,

Conférencier sur la citoyenneté participative,

Ex animateur sur Radio Al Manar de 1998 à 2002
,
Fondateur de l’association Alhambra en 1997
,

Gsm : 00.32.473.595.407.

mouedden.mohsin@gmail.com (2011)

NOTES:

  1. L’assassin présumé de la jeune femme “a été arrêté immédiatement et conduit dans la prison locale. Lecir Fahim suivait un traitement psychiatrique et sa famille préparait son retour au pays”

  2. El Ejido est une ville de 50.000 habitants http://www.elejido.org/

  3. La " Nuit de cristal " eu lieu le 9 et 10 novembre 1938, elle démarre les violences caractérisés à l’égard des Juifs en Allemagne et en Autriche, elle fit plusieurs morts, ce fût le début de la marche Nazi vers l’extermination des juifs d’Europe (91 juifs furent assassinés, plus de 900 synagogues détruites ou brûlés, plus de 30.000 arrestations).

  4. Les moros est un terme désignant le « maure », le marocain, l’arabe. Il a un sens très péjoratif, prononcé par les espagnols, il devient carrément une insulte.

  5. Le 22 septembre 1609, le roi Philippe III signe un décret qui consacre la naissance du premier Etat raciste de l’histoire. Désormais, aucun membre de la « nation morisque « ne pourra résider sur les territoires soumis à l’autorité espagnole, sous peine de mort». Par RODRIGO DE ZAYAS,  http://www.monde-diplomatique.fr/1997/03/DE_ZAYAS/8003

  6. Ce conflit est né d'un différend sur le statut de l'îlot du Persil (Perejil pour l'Espagne, Leïla pour le Maroc) situé à 200 mètres des côtes marocaines, qui appartient à l'Espagne depuis 1668, même s'il est inhabité depuis 40 ans. Rabat estime en avoir la souveraineté depuis 1956 et la fin du protectorat espagnol. Mais Madrid invoque un compromis datant de la fin de ce protectorat selon lequel les deux pays s'engagent à ne pas l'occuper

  7. Dans la région d’Almeria vivent quelques 15.000 marocains

  8. Le quotidien de droite “ABC” parle de “honte nationale” et qualifie la ratonnade de “spectacle qui nous ramène à l’époque heureusement disparue où l’exploitation humaine conduisait au crime, où commettre un délit déchaînait la vengeance, où la haine raciste menait au lynchage et à la persécution”.

  9. Selon l'enquête menée par le FCE (FORUM CIVIQUE EUROPEEN) en avril 2000, plus de 90% des ouvriers travaillant dans l'agriculture dans la région étaient des immigrés, dont 64% Marocains. La municipalité d'El Ejido mène une politique délibérée de ségrégation et multiplie les brimades et les provocations pour dissuader les Maghrébins de " coloniser " l'agglomération urbaine. Pour Emma Martin Diaz, professeur d'Anthropologie Sociale à l'Université de Séville, " cette situation diffère de l'apartheid sud-africain uniquement parce qu'elle n'est pas sanctionnée par la législation. (…) Les pratiques locales de ségrégation sont le reflet d'une politique qui tâche de combiner l'importation de main-d'œuvre avec le déni des droits des travailleurs immigrés ". http://www.migranti.net/pages/docz/sfruttamentoImmigratiAgricolltura_fra1.htm

  10. http://ccle.collectifs.net/article8.html

  1. Après les émeutes d'El Ejido, dans le sud de l'Espagne, des jeunes de Cureghem ont fait le voyage vers l'Andalousie. Pour tenter de comprendre. «On sentait la haine», raconte Mustapha… Article de la Libre Belgique, du 5 avril 2001 D’HERMINE BOKHORST

  2.  «On te dit: on n'aime pas ta gueule», par ANNICK HOVINE, mis en ligne le 30/07/2001.

  3. Le prix d’une journée de travail est de 30 à 40 euros pour un autochtone, il n’est que de 15 à 20 euros pour les 15.000 immigrés de la région dont plus de la moitié est sans papiers.

  4. Les Marocains rêvent d'Europe,  En guise d'avenir, l'exil,  http://www.monde-diplomatique.fr/2002/06/VERMEREN/16632  

  5. Plusieurs manifestations à Madrid, Barcelone (10.000 manifestants) d’autres villes espagnoles virent le jour juste après ce pogrom pour dénoncer l’apathie du gouvernement Aznar et soutenir les travailleurs clandestins.

  6. Quand les hommes pleurent… (un film documentaire poignant sur les travailleurs marocains de la région de Murcie de Yasmine Kassari, les films de la Drève, 2000 ).


    Voici la toilette des marocains sans papiers et les jeunes marocains vivant dans un taudis à EL EJIDO que j’ai photographié en 2000 (Mohsin)

     

    28/06/2002 — Il y a deux ans, choqués par les émeutes racistes brutales contre les ouvriers immigrés marocains à El Ejido en Andalousie, le Forum Civique Européen (FCE) a décidé d'envoyer une commission internationale sur place, qui a publié un rapport détaillé — El Ejido, terre de non-droit (Éditions Golias). Nous y avons découvert une réalité peu connue : l'exploitation inhumaine d'immigrés, souvent clandestins, dans l'agriculture, surtout dans le secteur des fruits et légumes.

    Le Forum Civique Européen (FCE) (a réalisé un travail remarquable)

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