Le texte qui suit
présente quelques-unes des grandes lignes de l’analyse que Saïd
Bouamama développe dans son dernier livre : "L’affaire du voile, ou
la production d’un racisme respectable", publié aux Éditions du
Geais Bleu, (Roubaix), ISBN 2-914670-22-2, € 14.
C’est de manière artificielle que le débat sur " le
foulard à l’école " a été relancé au cours de l’hiver et du
printemps 2003. Nous disons artificielle car la réalité sociale
attestait alors, au contraire, d’une baisse notable des situations "
problématiques " : Selon Hanifa Chérifi (médiatrice de l’éducation
nationale), le nombre de conflits dans les établissements scolaires
était passé de 300 à 150 depuis 10 ans. Ce qui est à questionner
n’est donc pas un "retour du foulard" qui n’existe pas, mais les
raisons, les motivations, les enjeux et les conséquences du discours
alarmiste sur le foulard à l’école.
La construction d’un nouvel ennemi
comme lien social national
La fin des équilibres géopolitiques issus de la
seconde guerre mondiale du fait de la disparition des "pays de
l’Est" a eu une double conséquence, l’une au niveau du réel social,
l’autre au niveau idéologique.
Au niveau du réel, la fin du monde bipolaire fait
disparaître les freins à la logique capitaliste basée sur la
recherche du profit maximum, accélère les concurrences entre grands
pays industrialisés et enclenche ce qu’il est désormais convenu
d’appeler la " mondialisation ".
Au niveau idéologique le discours de légitimation
classique ( l’unité nationale et internationale contre le danger
soviétique) n’a plus de raison d’être. Il en découle le besoin d’un
"nouvel ennemi" théorisé aux U.S.A. par Huntington [1]
et sa "guerre des civilisations".
Ces deux dimensions issues du changement de contexte
mondial ne sont pas des réalités statiques séparées mais un
processus d’ensemble dynamique au sein duquel la régression sociale
en hausse et les contestations qu’elle porte nécessite la mise en
scène, toujours plus forte, d’un nouvel ennemi "visible", "naturel" et "évident".
A l’échelon national la logique "mondialiste" a
déjà fait de nombreux dégâts sociaux mais elle a également suscité
de puissants mouvements de contestation posant ainsi un clivage de
type social, économique et politique. La frontière entre un "nous"
et un "eux" est posée par le mouvement social sur des critères
d’intérêts sociaux. Elle est susceptible de gagner rapidement du
terrain au fur et à mesure que les dégâts du projet libéral
toucheront de plus en plus de citoyens et de groupes sociaux. Une
des modalités du combat social porte sur la définition de la
frontière et le projet libéral a, bien entendu, intérêt à construire
la frontière sur un autre critère : la culture, la religion,
l’ethnie, la civilisation, etc. L’ethnicisation
des questions
sociales est donc à la fois, une résultante et un moyen, de la
gestion des rapports de forces sociaux dans une phase de régression
libérale.
Le droit à une scolarité gratuite est un des acquis
sociaux hérités qui est remis en cause par le projet libéral. Nous
ne sommes qu’au début de la remise en cause de cet acquis [2]
et déjà le gouvernement est confronté à une colère enseignante
importante. Il n’est dés lors pas étonnant que ce soit l’école qui
soit présentée comme le terrain de combat essentiel contre ce "nouvel ennemi" qu’est "le foulard", "le communautarisme", etc.
Le référent "laïcité" est ici mobilisé pour réunir ceux que le
projet libéral divise et/ou pour diviser ceux qu’il unit.
L’ethnicisation scolaire vise également à nier, masquer, voiler la
réalité des clivages sociaux et des intérêts en jeu.
Ethnicisation et production d’un "arôme idéologique immédiat"
Ce processus de production d’un bouc-émissaire
dérivatif n’est ni nouveau, ni typiquement français. Il n’a pas
besoin non plus d’un "centre machiavélique" construisant
consciemment un scénario idéologique. Il est même, en général, le
résultat d’un fonctionnement systémique désignant des populations
cibles du fait à la fois des imaginaires hérités de l’histoire et de
la place fragilisée de ces populations dans la société. C’est ce que
nous appellerons le processus d’ethnicisation de la vie sociale.
A la source de ce processus se trouvent les
inégalités réelles vécues par les populations issues des ex-colonies.
Celles-ci occupent une place dominée sur un marché du travail
tendantiellement segmenté ethniquement. Cette place assignée
apparaît naturelle et non scandaleuse du fait des images "coloniales" qui imprègnent encore profondément les imaginaires
collectifs et qui sont en partie intériorisées dans un "inconscient
collectif".
Cette discrimination économique est à la fois
conséquence (d’un rapport colonial non déconstruit et non combattu)
et cause des discriminations dans les autres sphères de la vie
sociale : logement, santé, rapport à la police, à la justice, etc.
Les discriminations sociales entérinent à leur tour et entretiennent
la discrimination économique sur le marché du travail.
Nous sommes ainsi en présence d’une frontière (entre
un "nous" et un "eux") à la fois héritée du rapport colonial et
produit/reproduit par les inégalités réelles. Cette frontière est
intériorisée et sert de grille de lecture (à base raciale, ethnique,
religieuse, de nationalité, etc.) des difficultés rencontrées à la
fois par le groupe majoritaire [3]
et par le groupe minoritaire.
Le processus d’ethnicisation de la vie sociale ne se
limite pas à ce premier aspect. Il a également une fonction de
production d’une "conscience de race" en lieu et place d’une "conscience de classe". L’ethnicisation de la vie sociale s’opère
sur la base d’un sous-entendu hiérarchisant rabaissant le groupe qui
est discriminé et valorisant le groupe majoritaire.
Une telle fonction de valorisation/dévalorisation ne
joue pas de la même façon selon les période historique et les
secteurs sociaux. Elle est d’autant plus en oeuvre qu’augmentent les
situations de concurrences que ce soit sur le marché du travail ou
dans la consommation des "biens rares" (écoles, hôpitaux, etc.).
On comprend dés lors, en quoi le tournant libéral de la décennie 80
mis en oeuvre, par la gauche comme par la droite, est producteur
d’un seuil qualitatif nouveau dans l’ethnicisation de nos sociétés.
On saisira alors également, en quoi les projets
ultra-libéraux de Raffarin conduiront à une ethnicisation plus forte
de nos sociétés en prétendant combattre celle-ci.
C’est dans ce contexte général articulant héritage
colonial, inégalités réelles vécues par les populations issues de la
colonisation, augmentation de la concurrence entre citoyens,
raréfaction des biens sociaux et des sécurités sociales, etc. que
s’inscrit le discours artificiel sur le "danger du foulard à
l’école". Ce dernier est à la fois le fait d’une minorité consciente
et idéologiquement située d’une part et d’une majorité agie par
l’intériorisation de la grille ethnique de lecture d’autre part. La
minorité consciente est productrice d’une islamophobie ouverte que
ce soit dans les thèses du F.N, dans les écrits de Houellebecq, de
Fallaci, etc. [4].
Plus nombreux sont ceux qui sincèrement pensent
défendre les principes de laïcité et de service public en
s’engageant dans ce discours artificiel. En déconnectant l’analyse
du contexte économique, social et politique, en ne distinguant pas
mobiles réels et justifications ( que ce soit dans les comportements
des jeunes filles ou dans ceux des personnes qui exigent une loi
d’interdiction), en n’interrogeant pas les inégalités réelles de nos
sociétés, etc, ces personnes en arrivent à produire la réalité qu’ils
dénoncent. Il est effet désormais prouvé, depuis les travaux de Fanon
et Memmi [5] qu’en
matière identitaire, toutes les pressions de négations ne peuvent
susciter que des réaffirmations de plus en plus caricaturées.
Le passage par le cadre de la loi n’est pas quelque
chose d’anodin. Nous sommes à cet égard dans une situation
différente des débats antérieurs. Une loi d’interdiction aurait
objectivement valeur de légitimation de l’ethnicisation de la vie
sociale. Ce qui était jusqu’à présent résultat d’un fonctionnement
social se transformerait en "idéal à poursuivre". Pour reprendre
l’expression de Gramsci, nous assistons à la production d’un "arôme
idéologique immédiat" et à une tentative de le légitimer
législativement.
Argumentaires fallacieux
Un "arôme idéologique immédiat" a comme fonction de
faire apparaître les productions sociales comme des "naturalités",
les conséquences comme des causes, les constructions comme des "évidences". Il imprègne alors les représentations sociales avec
lesquelles sont décryptés les événements de la vie quotidienne. Il
élimine les données contradictoires avec son postulat et finit ainsi
par produire lui même la réalité qu’il prétend ne faire que
constater. C’est dire l’importance de déconstruire un tel "arôme"
et de montrer les mobiles sous les justifications.
L’amalgame
Un des mécanismes de fonctionnement du processus est
l’amalgame de faits différents qui sont arbitrairement regroupés
comme constituant un seul objet social. Il n’y a pas d’argumentation
présentée pour justifier ces "regroupements" si ce n’est l’appel
incantatoire à "l’évidence". Il serait ainsi évident que le "communautarisme", " e port du foulard", les critiques lors de
certains cours d’histoire, et parfois même " es violences contre
les femmes", etc., soient des facettes d’une même évolution
inquiétante qu’il conviendrait de stopper fermement et rapidement.
L’interdiction du foulard à l’école deviendrait ainsi le symbole
d’une lutte plus générale contre le "communautarisme".
Plus précisément, le "foulard" apparaît comme
l’instrument symbolique de diffusion du "communautarisme". Or non
seulement certaines de ces évolutions renvoient à des causalités
différentes, mais le "port du foulard" est présenté par certaines
jeunes filles comme réactions de protection à ces dégradations du
cadre scolaire. C’est dire qu’il n’y a ici nulle évidence en terme
de liens et de causalités.
La dramatisation
Le second mécanisme est la dramatisation des faits
que l’on prétend ne faire que constater. Le discours catastrophiste
est nécessaire pour légitimer la demande de fermeté et
d’interdiction. Soulignons que ce mécanisme est en oeuvre dans
l’ensemble de la société c’est à dire également hors du cadre
scolaire. Il est même une des spécialités du discours et de la
logique sécuritaire. Les jeunes filles portant le "foulard"
rendraient impossible le métier d’enseignant et perturberaient de
manière insupportable le déroulement des enseignements.
Ces arguments sont assénés comme des évidences alors
qu’ils sont contredits par l’expérience de nombreux enseignants qui
soulignent, au contraire, que ces jeunes filles correspondent
souvent au profil du "bon élève" discipliné et attentif à ses
devoirs scolaires. Le catastrophisme concerne également l’avenir. Il
se fait volontiers anticipatoire. Il annonce alors une épidémie de "foulards". Or, nous avons souligné en début de ce texte qu’il n’y a
aucune augmentation quantitative qui justifie le retour de ce
catastrophisme.
En réalité le catastrophisme ne s’adresse pas aux
enseignants ayant des jeunes filles portant le "foulard" dans leur
classe. Ceux-là ont généralement une expérience concrètes les
conduisant à la relativisation des effets. Elle s’adresse à la
majorité des enseignants à partir de la diffusion de la peur.
Le paternalisme universaliste
Il reste enfin à jouer sur le registre des valeurs
en appelant l’école laïque à "émanciper", malgré elles, des jeunes
filles enfermées par l’autorité familiale et le poids des traditions.
Ces jeunes filles sont estimées ne pas avoir la maturité nécessaire
pour se faire une opinion personnelle à propos du port du "foulard".
Cette logique capacitaire permet d’invalider
l’hétérogénéité des "causes du foulard" mis en évidence par
plusieurs études sociologiques et surtout d’invalider les propos de
ces jeunes filles. C’est pour leur bien
que l’on ne doit pas prendre
en compte leur avis. C’est pour les émanciper qu’il faut les
contraindre. On aura reconnu ici la vieille "mission civilisatrice" de la colonisation qui prétendait "émanciper" les indigènes
malgré leur désaccord.
Soulignons également que ce raisonnement
simplificateur réduisant à une cause unique le "port du foulard"
laisse de côté toutes les jeunes filles qui ont cette pratique au
grand dame des parents.
De manière plus globale, une interrogation est
incontournable pour aborder notre sujet : la génération des mères de
ces jeunes filles ne portait généralement pas de foulard en arrivant
en France ou après un temps donné de séjour, comment expliquer
qu’une partie de la génération des filles éprouve le besoin de le
porter et de le revendiquer ?
Poser un regard comparatif transgénérationnel permet
d’éliminer d’emblée la vieille problématique de la "tradition" qui
freinerait la "modernité". Il permet également de relativiser
l’argument de la contrainte parentale qui, même si elle existe, est
loin de constituer l’ensemble de l’explication. Le port du foulard
apparaît alors pour ce qu’il est : Ni simple imposition parentale,
ni reste d’une tradition dépassée, ni importation étrangère, etc. ,
mais besoin identitaire contemporain.
Contraindre l’identité ?
Il y a donc, selon nous, une exigence (consciente ou
non peu importe) de contrainte sur les identités dans la demande
d’une loi interdisant le port du "foulard" à l’école. Une telle
exigence ne peut pas se limiter à la sphère scolaire même si elle
émerge d’abord à propos de cette institution. D’ailleurs un des
projets de loi déposé propose d’étendre l’interdiction à l’ensemble
des lieux publics, alors que certains élus considèrent que
l’interdiction doit même concerner, .... la rue.
La défense de la "laïcité" n’apparaît ici que comme
justification couvrant un mobile implicite : une vision
homogénéisante des sociétés exigeant une contrainte
assimilationniste. C’est donc notre conception du lien national qui
est interrogé par le débat sur l’interdiction.
Un certain nombre de partisans d’une loi sur le
foulard y étaient d’ailleurs opposé par le passé. La plus célèbre
est Michèle Tribalat mais elle est loin d’être seule. L’explication
du changement de position serait, selon leurs propres propos, la
prise de conscience des dangers du "différentialisme". Le discours
se fait alors volontiers autocritique: Nous aurions été naïfs sur
la revendication du "droit à la différence" en particulier, sur la
"multiculturalité" en général.
Nous sommes ici loin du débat sur la laïcité.
Celle-ci, en effet, a justement pour vocation de constituer un
espace public commun, au-delà des différences culturelles et/ou
religieuse. C’est dire que la laïcité n’a de sens que dans une
société multiculturelle et multireligieuse. Elle n’est plus d’aucune
utilité sociale dans une société de "clones" culturels. C’est une
des raisons pour laquelle elle n’a pas de sens dans une "tribu" ou
un groupe social replié sur lui-même. La laïcité est une réflexion
nécessaire sur les conditions d’une vie commune dans la diversité.
Ce n’est pas en supprimant (si cela était possible) la diversité
que peut se mener le questionnement laïque. Une telle attitude
revient à casser le thermomètre dans l’espoir de faire cesser une
fièvre.
La multiculturalité de la société française n’est pas
un objet de choix politique mais un résultat social et historique.
La différence et/ou la ressemblance (ou le sentiment de
ressemblance et de différence) ne se décrètent pas[6],
elles se constatent à l’issue du processus de socialisation. La
diversité culturelle n’est pas problématique en elle même, tout
dépend dans quels cadres elles s’insèrent: égalitaire ou de
domination. Ce qui est problématique ce n’est pas la diversité
culturelle mais l’existence de chances inégales en fonction des
origines culturelles. Ce qui est choquant, ce n’est pas la
différence mais l’assignation à des places dominées en fonction des
origines. Ce qui produit du "communautarisme" c’est d’abord
l’inégalité et non l’existence de différences culturelles.
C’est dire que le développement d’une contrainte sur
les identités aura l’effet exactement inverse que celui qui est
proclamé. Celle-ci sera perçue comme ingérence inadmissible dans
l’intime et suscitera des réaffirmations réactionnelles plus fortes,
plus visibles, plus caricaturales aussi. Chaque pression
assimilationniste ne peut que provoquer des réaffirmations
identitaires. Une loi d’interdiction sur le foulard développera,
encore plus, une ethnicisation de la vie scolaire qu’elle prétendait
combattre.
La victoire idéologique du F.N.
Le retour récurrent du débat sur le foulard est,
selon nous, un indicateur d’une victoire idéologique du F.N. A
partir du moment où les questions liées à l’immigration (et à ses
enfants) ne sont plus posées à partir d’un vocabulaire de critique
sociale (inégalité, injustice, classe sociale, sélection,
discrimination, etc.) mais à partir d’une thématique essentialiste (nation, identité, communauté, etc.) une partie du projet de ce parti
est dors et déjà en oeuvre.
Il n’est dés lors pas étonnant de retrouver J.-M. Le
Pen comme partisan d’une loi d’interdiction, comme par le passé
certains défenseurs de laïcité ont pu être partisans d’une
christianisation des colonisés. L’ethnicisation des questions
sociales et la production d’un bouc émissaire dérivatif sont le
coeur du projet du F.N. Ses meilleurs alliés sont les inégalités qui
touchent nos sociétés et qui produisent, elles-mêmes, une
ethnicisation de l’ensemble des sphères de la vie sociale. La
diffusion de son vocabulaire et de ses thématiques à des franges
politiques plus larges (que ses membres) est une de ses stratégies.
La rupture avec l’ethnicisation du débat est donc,
selon nous, un impératif absolu si nous voulons éviter l’émergence
d’un "arôme idéologique immédiat" ethnique justificateur d’un
"nouvel ordre raciste" [7]
apparaissant comme légitime et "naturel" à la majorité des
habitants de notre pays. Cela devrait nous conduire à combattre
toutes les positions renforçant l’ethnicisation et à défendre toutes
celles remettant en cause les inégalités scandaleuses en oeuvre et
qui clivent les citoyens en plusieurs catégories. Une loi
d’interdiction du foulard contribue (que ses partisans le veulent
ou non) à ethniciser encore plus notre système scolaire, déjà miné (entre autres) par l’ethnicisation produite par la discrimination
ethnique en oeuvre en son sein.
2 juillet 2004
Une version de ce texte est parue dans le livre
Le Foulard islamique en questions, publié aux
éditions Amsterdam en mars 2004, sous le titre suivant : "Le retour
du débat sur ‘le foulard à l’école: ethnicisation et construction
idéologique d’un nouveau bouc émissaire dérivatif ".
Charlotte NORDMANN (dir.), "Le foulard islamique en questions", Éd.
Amsterdam, 2004. ISBN 291-5547-00-9, € 9.
http://www.editionsamsterdam.fr
Notes
[1]
Samuel P. Huntington, Le choc des civilisations, Odile Jacob, Paris,
2000.
[2]
Pour une vision globale du projet scolaire du libéralisme lire les
ouvrages de Nico Hirtt: Les nouveaux maîtres de l’école, ed. E.P.O.,
Bruxelles, 2000 ; L’école prostituée, ed. Labor/ Espace de libertés,
Bruxelles, 2001.
[3]
Les termes de majoritaire et de minoritaire ne sont pas à comprendre
ici dans leur sens statistique mais dans leur acception politique. A
ce niveau une minorité peut constituer le groupe majoritaire et une
majorité le groupe minoritaire.
[4]
Cf. Michel Houellebecq, Plateforme, Flammarion, Paris, 2001. Voir
aussi l’interview au magazine "Lire" de septembre 2001. Oriana
Fallaci, La rage et l’orgueil, Plon, Paris, 2002 .
[5]
Frantz Fanon : - Les damnés de la terre, La découverte, réédition,
2002. - Pour la révolution africaine, La découverte, réédition,
2001, - Peau noire, masques blancs, Seuil, réédition , 1971, -
L’an
V de la révolution algérienne, La découverte, réédition, 2001.
Albert Memmi : - Portrait du colonisé, Gallimard, 1957, -
L’homme
dominé, Payot, 1968.
[6]
Voir sur cet aspect, l’excellent article d’Abdelmalek Sayad, Le
poids des mots, in "La double absence", Seuil, 1999.
[7]
Nous empruntons cette expression à François Vourch, chargé de
recherche à l’URMIS-CNRS.